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Ce que les USA ont perdu

L’article rappelle que bizarrement, l’élite de la diplomatie américaine semble ne pas connaître l’expression « équilibre des forces », un concept que même les étudiants en relations internationales sont censés apprendre dès les premiers semestres.

Au lieu de se demander « qu’est-ce qui fait que la Russie et la Chine se rapprochent l’une de l’autre ou qu’est-ce qui amène l’Iran à opter pour le rapprochement avec d’autres pays moyen-orientaux ? », les Américains disent que ces évolutions résultent du souverainisme, de l’antiaméricanisme ou des affinités stratégiques desdits pays.

Selon l’article, cet oubli catégorique de l’élite américaine conduit les autorités états-uniennes à prendre des décisions qui rapprochent automatiquement les ennemis.

Lorsqu’un pays se retrouve face à un adversaire plus fort que lui, il doit, soit mobiliser tous ses moyens et ressources pour l’affronter, soit profiter de l’aide des autres pays concernés par le même danger ; c’est ce qui, selon l’article, nous apprend la logique de l’équilibre des forces.

Il va de soi que cette logique a aussi été en marche dans la politique étrangère états-unienne. « Et c’est en oubliant cette logique que parfois nous sommes étonnés de voir d’autres pays se coaliser contre nous », ajoute l’article de Foreign Policy, en allusion aux événements de 2003 où la France, l’Allemagne et la Russie ont travaillé ensemble au sein du Conseil de sécurité, contre les États-Unis qui cherchaient à obtenir l’appui du Conseil à la guerre contre l’Irak.

Lorsque l’Iran et la Syrie se sont coalisés après l’intervention américaine en Irak, cela aussi a étonné les Américains, alors qu’il n’y avait aucune raison de s’en étonner ; l’Iran et la Syrie auraient été les futures cibles des Américains si ces derniers avaient réussi leur plan consistant à occuper entièrement l’Irak.

Et c’est exactement ce manque d’attention envers la dynamique de l’équilibre des forces qui, selon l’article, rend inefficace un avantage géopolitique dont pourrait profiter Washington. Les États-Unis auraient pu utiliser plus efficacement leurs vastes options de se faire des alliés.

Malheureusement, les États-Unis ont agi, ces dernières années dans le sens inverse de cette logique, surtout au Moyen-Orient.

« Au lieu de faire preuve de flexibilité, nous insistons à garder nos alliés d’antan. Bien qu’il n’y ait plus de justification, aujourd’hui, au maintien des relations étroites avec l’Égypte, Israël et l’Arabie saoudite, nous avons approfondi nos relations spéciales avec ces pays, alors que face aux autres pays opposés à notre politique, dont l’Iran et la Corée du Nord, nous ne faisons que les menacer de sanctions, sans le moindre effort dans le sens de dialogue. »

Et pour finir, l’article de Foreign Policy déplore que le résultat de cette approche ne laisse rien à ajouter…

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